Mesures à 4 temps Dès potron-minet, à peine habillée, Tu faisais l'inventaire de tes allées   Désherber par-ci, arroser trop tard T'avais toujours un métro de retard    Comme ces vieilles citadines lâchées à la campagne, Tu étais la risée des paysannes J'ai fait la moitié du parcours Et tu m'as lâché la main Tu m'as pris de court Mais comment te dire ? Je ne t'ai pas vue vieillir Couchée à dix, levée à six, Tu me disais que l'on vit Dix fois dix    Et t'as mouru un beau matin Sans me prévenir, sans rien Le dimanche matin, sur ton trente et un Tu vérifiais si tu n'oubliais rien    Et sans crier gare, tu filais dare-dare Pour la messe, fallait pas être en retard!   Comme ces dames patronnesses amoureuses du curé, Tu trottinais sous mon rire, amusée    J'ai fait la moitié du parcours Et tu m'as lâché la main Tu m'as pris de court Mais comment te dire ? Je ne t'ai pas vue vieillir Couchée à dix, levée à six, Tu me disais que l'on vit Dix fois dix    Et t'as mouru un beau matin Sans me prévenir, sans rien Pour meubler tes jours, tu donnais des cours Aux attardés, aux voyous, aux balourds   Tu leur prenais rien ; ils comprenaient rien, Mais moins encore que c'était pour leur bien    Et quand, de tes yeux fatigués, tu lisais au tableau Ils faisaient des bras d'honneur dans ton dos     J'ai fait la moitié du parcours Et tu m'as lâché la main Tu m'as pris de court Mais comment te dire ? Je ne t'ai pas vue vieillir Couchée à dix, levée à six, Tu me disais que l'on vit Dix fois dix    Et t'as mouru un beau matin Sans me prévenir, sans rien

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Couverture du livre Ultra intelligence

À propos de la chanson

La chanson évoque le souvenir d'une relation avec une femme qui, à travers ses routines quotidiennes et son dévouement, symbolise une présence maternelle ou un lien affectif fort. Le narrateur fait le constat de l'absence de cette personne, qui a disparu sans avertir, laissant un vide et une incompréhension face à sa vieillesse inexorable. Les gestes de cette femme, des préparatifs pour la messe aux cours qu'elle donnait, illustrent un quotidien riche en dévotion et en soin des autres, mais aussi teinté d'une mélancolie face à la réalité du temps qui passe. Le contexte de la chanson semble s'ancrer dans une nostalgie intergénérationnelle, où la figure évoquée est à la fois bucolique et symbolique, représentant une vie vécue intensément, mais qui s'achève brutalement. La nostalgie se mêle à l'incompréhension de ne pas avoir vu ce changement venir, renforçant l'impact de la perte.