Nous étions, ce soir-là, sous un chêne superbe (Un chêne qui n'était peut-être qu'un tilleul) Et j'avais, pour me mettre à vos genoux dans l'herbe, Laissé mon rocking-chair se balancer tout seul. Blonde comme on ne l'est que dans les magazines Vous imprimiez au vôtre un rythme de canot ; Un bouvreuil sifflotait dans les branches voisines (Un bouvreuil qui n'était peut-être qu'un linot). D'un orchestre lointain arrivait un andante (Andante qui n'était peut-être qu'un flonflon) Et le grand geste vert d'une branche pendante Semblait, dans l'air du soir, jouer du violon. Tout le ciel n'était plus qu'une large chamarre, Et l'on voyait au loin, dans l'or clair d'un étang (D'un étang qui n'était peut-être qu'une mare) Des reflets d'arbres bleus descendre en tremblotant. Et tandis qu'un espoir ouvrait en moi des ailes (Un espoir qui n'était peut-être qu'un désir), Votre balancement m'éventait de dentelles Que mes doigts au passage essayaient de saisir. Votre chapeau de paille agitait sa guirlande Et votre col, d'un point de Gênes merveilleux (De Gênes qui n'était peut-être que d'Irlande), Se soulevait parfois jusqu'à voiler vos yeux. Noir comme un gros pâté sur la marge d'un texte Tomba sur votre robe un insecte, et la peur (Une peur qui n'était peut-être qu'un prétexte) Vous serra contre moi. - Cher insecte grimpeur ! L'ombre nous fit glisser aux pires confidences ; Et dans votre grand oeil plus tendre et plus hagard J'apercevais une âme aux profondes nuances (Une âme qui n'était peut-être qu'un regard).

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À propos de la chanson

La chanson évoque un souvenir empreint de tendresse et de nostalgie, où un homme se remémore un moment intime passé sous un arbre. Il décrit avec délicatesse la femme qui l'accompagne, soulignant sa beauté et l'atmosphère légère qui les entoure. Les éléments de la nature, comme les chants des oiseaux et la mélodie lointaine, créent une toile de fond doucereuse pour cet instant partagé. Chaque détail, aussi insignifiant soit-il, semble chargé d'émotion et de significations multiples. Les métaphores enrichissent le récit, laissant entrevoir le mélange d'espoir et de crainte qui habite le narrateur, tandis qu'il se perd dans les profondeurs du regard de sa compagne. C’est un tableau vivant qui parle d’amour et de fragilité, d’un passé qui, bien qu’imparfait, reste précieux.