Comme une soeur, tête coupée, tête coupée Ell'ressemblait à sa poupée, à sa poupée, Dans la rivière, elle est venue Tremper un peu son pied menu, son pied menu. Par une ruse à ma façon, à ma façon, Je fais semblant d'être un poisson, d'être un poisson. Je me déguise en cachalot Et je me couche au fond de l'eau, au fond de l'eau. J'ai le bonheur, grâce à ce biais, grâce à ce biais, De lui croquer un bout de pied, un bout de pied. Jamais requin n'a, j'en réponds, Jamais rien goûté d'aussi bon, rien d'aussi bon. Ell'm'a puni de ce culot, de ce culot, En me tenant le bec dans l'eau, le bec dans l'eau. Et j'ai dû, pour l'apitoyer, Faire mine de me noyer, de me noyer. Convaincu'de m'avoir occis, m'avoir occis, La voilà qui se radoucit, se radoucit, Et qui m'embrasse et qui me mord Pour me ressusciter des morts, citer des morts. Si c'est le sort qu'il faut subir, qu'il faut subir, A l'heure du dernier soupir, dernier soupir, Si, des noyés, tel est le lot, Je retourne me fiche à l'eau, me fiche à l'eau. Chez ses parents, le lendemain, le lendemain, J'ai couru demander sa main, d'mander sa main, Mais comme je n'avais rien dans La mienne, on m'a crié : « Va-t'en ! », crié : « Va-t'en ! » On l'a livrée aux appétits, aux appétits D'une espèce de mercanti, de mercanti, Un vrai maroufle, un gros sac d'or, Plus vieux qu'Hérode et que Nestor, et que Nestor. Et depuis leurs noces j'attends, noces j'attends, Le coeur sur des charbons ardents, charbons ardents, Que la Faucheuse vienne cou- -per l'herbe aux pieds de ce grigou, de ce grigou. Quand ell'sera veuve éploré', veuve éploré', Après l'avoir bien enterré, bien enterré, J'ai l'espérance qu'elle viendra Faire sa niche entre mes bras, entre mes bras.       

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À propos de la chanson

Cette chanson raconte l’histoire d’un personnage qui, par une approche ludique et malicieuse, cherche à attirer l’attention d’une jeune fille en se déguisant en poisson. Il réussit à la taquiner en mordillant son pied, ce qui provoque un petit jeu entre eux. Cependant, la situation prend une tournure plus sérieuse lorsque la fille, irritée par son audace, feint de le noyer pour finalement lui montrer de l’affection. Le récit évolue lorsque le protagoniste souhaite demander sa main, mais il se heurte à la réalité brutale d’un mariage arrangé avec un homme beaucoup plus âgé et d’un rang social supérieur. Son désir d’amour et de connexion reste intact, exprimant l’espoir qu’un jour, après le décès de cet homme, elle reviendra dans ses bras. La chanson est une réflexion sur l’amour, la perte et l'attente, enrichie d’un humour à la Brassens.