Papa, c'était un lapin Qui s'app'lait J.-B. Chopin Et qu'avait son domicile A Belleville ; L'soir, avec sa p'tite famille I's'baladait en chantant Des hauteurs de la Courtille A Ménilmontant, à Ménilmontant. I'buvait si peu qu'un soir l'a r'trouvé su'l'trottoir L'était crevé, bien tranquille A Belleville ; On l'a mis dans d'la terre glaise Pour un prix exorbitant Tout en haut du Père-Lachaise A Ménilmontant, à Ménilmontant. Depuis, c'est moi qu'est l'sout'neur Naturel à ma p'tite soeur Qu'est l'amie d'la p'tite Cécile A Belleville ; Qu'est sout'nue par son grand-frère Qui s'appelle Éloi Constant Qu'a jamais connu son père A Ménilmontant, à Ménilmontant. Ma soeur est avec Éloi Dont la soeur est avec moi L'soir, su'l'boul'vard, je la r'file A Belleville ; Comme ça, j'gagne pas mal de braise Mon beau-frère en gagne autant Puisqu'i'r'file ma soeur Thérèse A Ménilmontant, à Ménilmontant. L'dimanche, au lieu d'travailler J'monte les mômes au poulailler Voir jouer l'drame ou l'vaud'ville A Belleville ; Le soir, on fait des épates On étale son culbutant Mince des g'noux et large des pattes A Ménilmontant, à Ménilmontant. C'est comme ça qu'c'est l'vrai moyen D'dev'nir un bon citoyen On grandit sans s'faire de bile A Belleville ; On crie : "Vive l'indépendance !" On a l'coeur bat et content Et l'on nage dans l'abondance A Ménilmontant, à Ménilmontant.

Du même artiste

Je rejoindrai ma belle

Je rejoindrai ma belle

Concurrence déloyale

Concurrence déloyale

Ballade des dames du temps jadis

Ballade des dames du temps jadis

Marinette

Marinette

Le grand chêne

Le grand chêne

Le vieux Normand

Le vieux Normand

S'faire enculer

S'faire enculer

Ballade des places de Paris

Ballade des places de Paris

Gastibelza

Gastibelza

Une petite Eve en trop

Une petite Eve en trop

Couverture du livre Ultra intelligence

À propos de la chanson

La chanson raconte l'histoire d'une famille vivant à Belleville, où le père, un homme simple et peu ambitieux, est comparé à un lapin. Leur vie quotidienne s'écoule entre balades et chansons, et leur bonheur est teinté d'une certaine naïveté. Un jour, le père, fatigué par les aléas de la vie, trouve la paix éternelle sur le trottoir. La chanson évoque ensuite les relations familiales, le soutien mutuel entre les proches et les petites manigances du quotidien. Finalement, elle évoque une vie simple mais pleine, où l'indépendance et l'abondance sont célébrées dans une atmosphère de convivialité. Le contexte est ancré dans les rues animées de Paris, dans la tradition populaire française. Brassens, avec son style caractéristique, peint un tableau affectueux de ces quartiers, mélangeant humour et tendresse, et mettant en avant la richesse des relations humaines au cœur d'une vie modeste.